Je n’ai jamais voulu d’enfant, jusqu’à elle
- 18 mars
- 2 min de lecture
Et si ce que nous refusons le plus profondément était parfois la porte vers ce que nous sommes appelées à devenir ?
Je n’ai jamais voulu d’enfant.
L’idée même d’être enceinte me terrifiait.
Devenir mère me semblait impensable.
Le ventre d’une femme enceinte me dégoûtait.
Je sentais physiquement un malaise.
Et l'idée d’accoucher, me paraissait presque insoutenable.
Je ne comprenais pas comment un corps pouvait laisser passer un bébé de trois kilos.
L’idée me glaçait le sang.
Une psychologue à qui j’en avais parlé m’avait même mise en garde :
si un jour je tombais enceinte, il faudrait que je sois accompagnée.
Certaines femmes, disait-elle, portent un tel rejet de la grossesse qu’elles peuvent nourrir colère et rancune envers leur bébé, abasourdies par l’intensité de l’accouchement, au point parfois de le tuer.
Alors pour moi, c’était simple.
Je n’en voulais pas.
Problème réglé.
Ou presque…
Puis la vie en a décidé autrement.
Une première grossesse.
Un accident.
Et là, quelque chose d’inattendu s’est produit.
Un amour.
Une douceur maternelle que je ne connaissais pas s’est mise à infuser en moi.
La grossesse s’est arrêtée.
Mais ce que j’avais ressenti, lui, est resté.
A pris vie.
Il s'est imprégné en moi.
Comme une empreinte.
Comme une petite flamme qui venait de s’allumer
Et une question a commencé à émerger :
Et si… finalement… ce n’était pas ce que j’avais imaginé ?
L’envie d’être mère ne s’est pas révélée d’un seul coup.
Elle s’est dévoilée au fil des traversées.
Après le quatrième arrêt de grossesse, j’ai découvert quelque chose d’immense :
la force de l’enfantement,
la puissance de la femme,
la puissance de la vie qui nous transforme.
Puis un jour, j’ai senti l’âme de celle qui allait devenir ma fille.
Cette rencontre d’âme à âme a tout changé.
J’étais prête.
Prête à poursuivre cette réconciliation avec mon féminin.
Prête à dire oui à la vie.
Et pourtant, au fond de moi, une peur persistait.
La peur de regretter d’avoir un enfant,
de ne pas aimer être mère,
de ne plus vouloir de cette enfant,
de réaliser que cette vie n’était peut-être pas celle que je voulais.
Cette peur, profonde et réelle, faisait partie du chemin.
Elle m’a demandé tout mon courage,
d’oser, malgré le vertige et le doute.
J’ai choisi l’audace.
Et dans le silence, ce mot est apparu clairement en moi :
Oui.
Oui, je voulais être mère.
Peut-être l’avais-je toujours voulu.
Je me l’étais simplement interdit.
Et c’est à cet instant que mon véritable chemin a commencé :
mon chemin d’enfantement,
mon chemin de mère,
mon chemin de femme.
Parce que parfois, un enfant ne fait pas seulement naître une mère…
il nous réconcilie aussi avec la vie.

Sandrine Da Silva, Mars 2026
Prenez un instant.
Respirez.
Écrivez.
Écrivez vos peurs.
Écrivez vos refus.
Écrivez vos petites flammes qui persistent.
Laissez les mots révéler ce que votre coeur sait déjà, au-delà de vos doutes.





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